Une des choses que j’aime le plus au monde, c’est quand un mois, une saison ou, mieux encore, une année (civile et scolaire) commencent par un lundi. Alors une des choses que je déteste le plus au monde, c’est quand l’année commence mal. Je mise beaucoup sur les débuts, ça a un impact sur ma motivation à faire les choses. Quand l’année finit mal, ça me gonfle tout autant parce que je ne suis pas au calme pour commencer. Et alors quand ça va mal en continu depuis la fin jusqu’au début de l’année, ça me donne l’impression d’avoir manqué le départ de la course et je suis contrariée. C’est donc tout naturellement que j’ai passé la semaine dernière clouée au canapé, terrassée par une fatigue intense et un manque d’envie accru. Rien de dépressif, juste le corps qui dit d’aller me faire foutre. J’en ai donc profité pour zoner devant la télé et la Switch, j’ai enfin commencé un visionnage en bonne et due forme (c’est-à-dire dans l’ordre et depuis le début) de New York, unité spéciale, et j’ai mis à jour Animal Crossing et me suis créé une nouvelle île.
J’adore Olivia Benson, c’est l’un de mes personnages de série préférés. Probablement mon préféré tout court. Je ne sais pas ce qui me fascine autant dans New York, unité spéciale mais je la regarde avec un plaisir non dissimulé. Il s’agit pourtant d’une série policière dont le thème principal est les violences sexuelles, en théorie ça devrait être dérangeant. Jusqu’ici je ne partageais pas la passion de mes adelphes féminines pour les podcasts et les émissions de true crime, je me sentais presque en décalage. Et puis j’ai compris que je faisais quand même partie de la team, pour moi il s’agit des séries. Ce qui pourrait être perçu comme plus léger (façon de parler) étant donné qu’il est question ici de fictions mais vous-mêmes vous savez que les sujets traités dans cette série en particulier arrivent tous les jours dans notre bonne vieille et authentique société. 27 saisons (!) existent à ce jour (j’en suis à la deuxième mais j’ai déjà vu tout un tas d’épisodes çà et là à la télé), il y a toujours des idées originales qui s’inspirent de faits réels et des résolutions par une police bienveillante comme on aimerait en connaître une pour de vrai. Avouez que ça laisse songeuse.
Alors je me demande. Qu’est-ce qui me passionne dans le malheur des autres ? Parce que je peux décliner cette histoire dans un autre domaine : le cinéma catastrophe. Pendant ma semaine de léthargie, j’ai tout de même trouvé la force de traîner ma carcasse au cinéma pour aller voir Greenland : Migration, la suite de Greenland (2020) qui parle d’une comète qui détruit une partie de la terre, avec Gerard Butler qui mène sa famille dans un bunker au Groenland. La suite suit le même concept, le bunker n’est plus sûr et il faut bouger ailleurs sur fond de tempêtes orageuses démoniaques, tsunami dantesque et la Manche vidée de son eau. Le film se passe en Europe, c’est rafraîchissant, et il y a des acteurs français, de véritables acteurs français qui parlent français et anglais avec un accent français, merci Seigneur. Chose que je ne fais jamais, j’ai maté le film avec un seau à pop corn en taille M et mon cher et tendre m’a dit qu’il m’a vue exulter en portant le maïs soufflé à ma bouche pendant la scène du tsunami. D’où me vient ce bonheur que je ressens face à des catastrophes terribles qui arrivent pour de vrai et tuent des gens ? Dois-je me demander ce qui ne va pas chez moi ? Est-il question ici de catharsis ? Je n’en ai aucune foutue idée. En plus j’adore Gerard Butler, c’est l’un de mes acteurs favoris.
Quelques séries cool
Ces derniers mois, en dehors de New York, Unité Spéciale, j’ai vu plusieurs séries que j’ai trouvées vraiment biens. Pourtant ça devient rare, je ne supporte plus les saisons interminables et le million d’épisodes par saison (sauf… bon, vous avez compris). J’ai tout récemment abandonné Pluribus. Je n’ai rien à lui reprocher, ce n’est juste pas mon truc et j’ai senti venir le truc très vite, du coup flemme. Pour le reste :
Black Rabbit : mini-série avec Jude Law et Jason Bateman, un autre de mes acteurs préférés. L’ambiance et l’écriture sont sensiblement les mêmes que pour Ozark, si vous êtes nostalgiques comme moi. C’est Jake qui tient un restaurant à New York, le Black Rabbit, et son frère, Vince, revient dans sa vie comme un chien dans un jeu de quilles. Un thriller dramatique sur fond de malfaiteurs et d’argent sale, avec un Jason Bateman qui jasonbatemanise (il a un jeu spécial quand même). À voir sur Netflix.
The Pitt : actuellement deux saisons dont chacune dure une journée, une journée de garde de l’équipe de soignants d’un hôpital de Pittsburgh, découpée par tranches d’une heure (une heure = un épisode). Peu avant j’étais dans mon visionnage d’Urgences et Amazon Prime a décidé de virer la série de son catalogue tandis que je venais de commencer la septième saison, j’ai donc été contente de revoir Noah Wyle même avec trente ans de plus. À voir sur HBO Max, disponible depuis Amazon Prime (mais il faut encore payer).
Task : mini-série avec Mark Ruffalo qui m’a fait me dire que la tête d’affiche n’est pas pour rien dans mon visionnage d’une série. J’aime bien Mark Ruffalo. Ici il campe un agent du FBI désabusé, ancien prêtre, qui enquête sur la disparition d’un petit garçon dans l’Amérique profonde. Vous en avez peut-être marre des flics masculins avec des fêlures mais, croyez-moi, faites confiance à Mark Ruffalo. À voir sur HBO Max (via Amazon Prime).
Les Saisons : mini-série de et avec Nicolas Maury qui se passe en Vendée, aux Sables-d’Olonne, d’où ma curiosité. Passé la surprise de voir des plans tournés en réalité à Saint-Hilaire-de-Riez, j’ai beaucoup aimé l’histoire de cette adolescente parisienne qui passe ses étés sur la côte, dans la maison de sa grand-mère, et rencontre deux garçons du coin. C’est une histoire de triangle amoureux, vous l’aurez compris, et j’ai trouvé les psychologies des personnages très intéressantes, surtout les masculines qui ne vont pas là où on pourrait les attendre (on a trop pris l’habitude des têtes de con). Une série sensible et intelligente à voir sur Arte.
Merteuil : mini-série centrée sur Madame de Merteuil, la sulfureuse marquise intrigante des Liaisons Dangereuses version jeunes années. J’ai d’abord eu peur de voir un truc qui s’adresse à un public adolescent et en fait pas du tout. Je ne vous raconte pas l’histoire, vous savez à peu près où ça va. Le casting est très sympa : Anamaria Vartolomei, Vincent Lacoste, Diane Kruger et Lucas Bravo (qu’on retrouve aussi dans Les Saisons). À voir sur HBO Max (via Amazon Prime).
Il n'y a pas que Gege Butler dans la vie
Je me disais il y a peu que j’avais regardé beaucoup de bons films ces dernières semaines, apparemment j’ai, d’ordinaire, une grande facilité à me laisser décevoir. Je ne vais pas tous les citer mais on pourra noter ces petits bangers :
Happiest Season (VF : Ma belle-famille, Noël et moi) : de Clea DuVall (2020) avec Kristen Stewart, Mackenzie Davis et Aubrey Plaza (entre autres). Je suis anti-film de Noël, je n’aime pas Noël et encore moins les bons sentiments poisseux qui collent aux films de Noël. Mais là, c’était différent. C’est une comédie lesbienne avec mensonge qui met dans une situation ubuesque, ça change de toutes les merdes qu’on peut voir sur le sujet. C’était drôle et touchant, j’ai bien aimé. À voir sur Netflix.
Hallow Road : de Babak Anvari (2025) avec Rosamund Pike et Matthew Rhys. C’est plus ou moins un huis clos dont l’interprétation nous laisse libres : thriller psychologique ou fantastique ? Deux parents sont en voiture, en route vers leur fille qui leur a téléphoné en panique, droit dans la forêt, en pleine nuit, un 31 octobre. C’était super, voilà. À voir où vous pouvez.
Dangerous Animals : de Sean Byrne (2025), film d’horreur australo-américain, une bonne vieille histoire de requin et de psychopathe. J’ai adoré même si les personnages principaux sont des clichés de surfeurs australiens mais ça a bien fonctionné sur moi. Alors oui, il y a un peu de sang mais je n’ai pas trouvé ça gore-gratuit comme on peut voir parfois. J’ai adoré le méchant. À voir où vous pouvez là encore (déso).
Civil War : d’Alex Garland (2024) avec Kirsten Dunst. C’est un road movie sur fond de guerre, une guerre civile étasunienne contemporaine couverte par des photographes de presse qui en voient de toutes les couleurs. C’est flippant, d’autant plus avec l’actualité terrifiante qui nous est servie, mais génial. Entre photographe au numérique qui a roulé sa bosse et jeune arrivée qui shoot en argentique et noir et blanc. Un petit bémol toutefois sur le personnage de Kirsten Dunst qui s’appelle Lee, il n’y avait pas du tout besoin de nous lourder avec l’explication sur Lee Miller, c’est une insulte à notre intelligence, on avait compris les références. À voir sur Amazon Prime.
Blink Twice : de Zoë Kravitz (2024) avec l’excellente Naomi Ackie, Channing Tatum et Geena Davis et Christian Slater en arrière-plan. Un bon gros thriller psychologique très esthétique mais avec d’immenses trigger warning qui vous sont affichés de toute façon quand vous lancez le film. C’était excellent, rien à redire, et j’ai adoré la tournure que prend l’histoire. C’est là qu’on voit que ça a été réalisé par une femme, une femme racisée qui plus est, la perspective a de la gueule. À voir sur Amazon Prime.
Et puis deux ou trois trucs en vrac
J’avais pour but de parler de vampire dans ce billet de blog mais j’y consacrerai un article spécial parce que j’ai des choses à dire (et pas que des sympas).
Je finirai donc rapidement sur : l’exposition immersive sur Van Gogh, visible à la Beaujoire (Nantes) dont le seul intérêt réside dans la seule et unique salle avec des projections à 360°. Les peintures exposées ne sont même pas des reproductions, ce sont des impressions sur toile qu’il ne faut pas regarder de trop près ou bien la magie s’évapore. On pourrait se dire que cette expo permet de se rapprocher de Van Gogh si on n’a pas eu l’opportunité de visiter son musée dédié à Amsterdam (j’ai eu cette chance l’année de mes 30 ans) mais au prix de l’entrée, presque vingt balles, ça fait cher la découverte son et lumière.
Si vous voulez une reco podcast, je vous envoie vers Parfois seul tout de Jihef et cet épisode en particulier où il reçoit ma copine Olivia : Être en couple avec un humoriste. Au-delà du fait que je connais le couple personnellement, j’ai trouvé intéressante la mise en perspective d’une femme dont la culture familiale est d’avoir un métier important et stable, en couple avec un saltimbanque et avec pour tous les deux, une question de réussite sociale. C’est juste qu’iels n’empruntent pas le même chemin pour ce faire. Et puis la question qui nous brûle : est-ce qu’on rigole tous les jours ? Vous le saurez en écoutant. Dispo sur votre plateforme préférée.
Mes deux premières lectures de l’année : Méduse, de Martine Desjardins, un roman d’initiation à propos d’une jeune fille placée en institution à cause des « monstruosités » qui lui servent d’yeux et lui posent quelques problèmes dans ses relations sociales. C’était une lecture étonnante, un conte gothique et féministe dont j’ai beaucoup aimé l’écriture. J’ai très envie de lire d’autres œuvres de cette autrice québécoise. J’ai aussi lu Et à la fin, ils meurent de Lou Lubie, une BD qui m’a été offerte à Noël qui retrace l’histoire des contes à travers les siècles sous un angle analytique. On (re)découvre les « vrais » contes, entre tradition orale et Disney washing, et c’était hilarant. J’ai adoré même si ça a réveillé mon traumatisme d’enfance avec Le Petit Chaperon Rouge.
Enfin, mes écoutes musicales du moment dont je vous laisse la surprise en cliquant sur lecture :




Je souscris immédiatement au club des nostalgiques de « Ozark ». Une de mes séries préférées, que je rangerais dans le même type de catégorie que « Better Call Saul » (que j’aime encore plus, parce qu’elle est tout aussi dramatique, mais plus drôle).
Bref, je m’empresse de noter plusieurs de tes recommandations dans ma liste d’envie Sens Critique, en me laissant bien entendu totalement influencer par la jolie gueule de Lucas Bravo.
Merci pour ce billet, lu de bon matin en mangeant un kiwi et en écoutant la pluie qui tombe sur le velux. J’ai bien aimé ta réflexion sur ta propre curiosité, c’est intéressant. Et puis, tu as vraiment un style d’écriture vraiment savoureux, ça, ça ne change pas, malgré les débuts d’année pourris.
Alors Black Rabbit te plaira certainement. J’ai été très sensible au sens fraternel dans le scénario malgré tout le reste.
Merci pour tes compliments Marie, ça me touche 🙂
Moi j’adore les scènes de combat où les gens se prennent des giga patates avec l’effet sonore qui va bien, ou quand ils se font découper (bonus si c’est avec une épée), je ne sais pas ce que ça dit de moi.
Il faut absolument que je regarde Black Rabbit, ça fait un moment qu’elle me fait envie cette série.
Trop hâte de lire ton article sur les vampires.
Un peu dans la veine de Brighter than A Thousand Suns (j’adore !), peut-être que tu aimerais Nuovo Testamento (cold wave italo disco).
J’ai tenté les baffes et autres actions du même genre avec, entre autres, les John Wick, mais ça ne me fait pas le même effet. C’est dommage, on aime bien voir les méchants de prendre une rouste.
J’écouterai ta reco parce que tu as prononcé les mots magiques « italo disco » !