Reprendre les bases

Photo en noir et blanc d'une jeune femme noire, de dos, qui regarde l'océan. Elle a les cheveux tressés réunis en queue de cheval, ses mains dans les poches de son jean, son écharpe au vent et son smartphone qui dépasse de la poche arrière de son jean.

Je ne vais pas faire d’introduction et entrer tout de suite dans le vif du sujet, j’ai de plus en plus de mal avec Instagram. Le fait que la maison mère soit dirigée par un étron sympathisant fasciste est un immense problème en soi et ce que le capitalisme a fait de cette application au fil des années me consterne. J’ai l’opinion d’une utilisatrice moyenne, je ne suis personne en particulier et, je l’admets, Instagram a toujours été mon réseau social favori. Regrouper la photographie, le texte, les stories et l’aspect social était idéal pour l’utilisation que j’en avais. Mais aujourd’hui, l’excès de contenu sponsorisé, l’avènement de la vidéo, être vue selon le bon vouloir des algorithmes, la standardisation et la difficulté de consulter ce que font les autres (je refuse d’employer le mot “contenu”) via les hashtags ou simplement mon fil d’actualité me font royalement chier. De quel droit ça se comporte comme ça ? Pourquoi trouve-t-on ça normal ? On en vient à blâmer ses abonné·es de ne pas liker une image alors qu’iels ne l’ont certainement pas vue, on se remet en question et ça provoque des émotions négatives, l’aliénation est totale. Bien que je pratique le détachement autant que faire se peut, je trouve tout ça détestable. Nous avons pris l’habitude de confier nos créations et nos pensées aux réseaux sociaux plutôt qu’à des espaces personnels et indépendants, je crois qu’il est plus que temps d’y revenir. Cependant, ça demande de cogiter davantage qu’il y a vingt ans. Les plateformes de blog n’existent (presque) plus et il faut mettre les mains dans le cambouis, connaître les CMS et les solutions d’hébergement, se déshabituer de la fame. Bon courage à celles et ceux qui décident de s’y mettre, ce n’est pas aussi simple que ça (je le sais puisque je le fais), mais on y arrive.

Je suis une enfant d’Internet. J’ai mis le nez dedans au début du millénaire et j’ai toujours adoré ça. J’ai créé des pages persos avant les blogs, puis des blogs, j’ai utilisé les forums puis les réseaux sociaux, j’ai laissé une micro trace sur chacun d’eux et j’ai pris des décisions, j’ai fermé mes comptes Facebook et X/Twitter, je suis restée un temps sans site ni blog jusqu’à la création de mon entreprise, et me voici désormais fatiguée. Le truc, c’est que j’aime écrire et photographier. Je suis un animal social mais à distance. J’aime partager, échanger. Je veux rester sur Internet. Je n’ai pas encore prévu de fermer mes comptes Instagram (car j’en ai deux), ils me sont toujours très utiles, surtout en ce qui concerne mon activité de photographe (oui, malgré les étrons fascistes). Néanmoins, je compte prendre le taureau par les cornes et développer ma visibilité en ligne par d’autres moyens. J’ai établi un plan de bataille sur un feuillet de 10 x 13 cm à petits carreaux. Réinvestissons massivement les blogs, les newsletters, redevenons les weirdos indés du monde réel qui passent leurs soirées devant leur ordi.

Photo issue de ma série Vers le phare, novembre 2025

9 réflexions sur “Reprendre les bases”

  1. Se deshabituer de la fame, tu le dis si bien. Instagram nous a habitués à avoir notre quart d’heure de gloire, on s’est aussi construits en tant qu’individus comme ça. C’est dur de faire la bascule mais je crois que c’est salutaire. Bravo d’enclencher le changement.

    1. Merci. Je dois l’admettre, je ne le fais pas totalement de gaité de cœur, même si je suis contente de pouvoir bidouiller à MA sauce. Je suis trop nostalgique mais je me soigne.

  2. Yessss. J’ajoute ton blog à mon feedly.
    J’ai envie de recommencer à blogger aussi, mais c’est dur de choisir une plateforme en 2025 et franchement, j’ai pas trop envie de m’embêter. Je me suis rabattue sur tumblr mais c’est vraiment pas idéal je trouve.

    1. Je trouve que Tumblr est un bon compromis quand on veut relancer la machine. Rien ne t’empêche d’y faire ce que tu as à faire et de transférer ailleurs quand tu en auras envie/le temps 🙂

  3. Bon courage pour le changement, j’espère qu’avec plus d’un de recul tu es satisfaite des modifications de ta vie en ligne 😉
    Perso, j’ai une page Facebook sous pseudo qui me sert surtout à regarder quelques actus et à garder contact avec des « vieux » potes de fac, et je n’ai jamais eu aucun autre réseau social. Des fois, je me suis sentie « exclue » (même si le terme est un chouia fort), et au final, maintenant je m’en fiche ^^

  4. D’ailleurs, je cherche à déménager mon blog, tu utilises quel système pour ton site ? je suis sur Canalblog depuis 1000 ans et c’est une plateforme qui me sort par les yeux maintenant (mais la flemme et surtout mon contexte perso ont ralenti une potentielle migration ailleurs…)

    1. J’utilise WordPress et ce n’est pas le truc le plus facile qui soit mais pour peu qu’on décide d’y accorder un peu de temps et d’attention, c’est tout à fait faisable. D’autant qu’il existe des gens qui en aident d’autres ; à l’époque j’avais épluché la chaîne YouTube de WPMarmite qui m’a été d’un grand secours. WordPress existe en version gratuite mais j’ai choisi la version payante dans le sens où j’ai acheté un nom de domaine pour être totalement maîtresse de mon espace (je n’ai aucune pub). Une fois que le site est monté, tu peux migrer tes anciens articles si tu as de la peine à les voir s’évaporer dans les limbes du web. C’est donc la meilleure décision que j’ai prise !

      1. J’ai parlé avec Ambre l’an dernier de WordPress déjà, j’avais essayé un premier transfert de mon blog qui a foiré pleins de fois (a priori parce que mon archive était trop lourde) mais je n’ai pas eu le coeur de réessayer depuis (mais ça recommence à me traveiller). J’hésite à prendre un plan payant également sur WP, tu as le 1er niveau ? je n’ai jamais payé pour un blog jusqu’à présent…

        1. Je ne te cache pas qu’il faut se libérer un peu de temps et d’espace mental pour s’occuper de tout ça quand on n’est pas du milieu mais avec méthode on s’en sort. Perso j’ai le service minimum, un nom de domaine et à peine de quoi héberger, ça dépend de tes besoins. Mieux vaut commencer par le minimum et adapter si la question se pose.

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