Courant Noir
Je pensais qu’il fallait me résoudre à embrasser le chaos sur ce blog et poster quand je veux, n’importe quand, n’importe comment, n’importe quoi, et puis une ampoule s’est allumée au-dessus de ma tête. J’ai encore envie de ranger et de finalement faire usage des catégories. Il va y avoir quelques perturbations les jours à venir, je vais essayer des trucs. Et peut-être vais-je aussi me mettre aux notes, allez savoir. D’ailleurs, ce billet n’en est-il pas une, de note ?
Mise à jour du 22 octobre :
C’est en fait allé plus vite et bien plus facilement que ce que j’avais imaginé. J’ai réutilisé le système de catégories et l’onglet « blog » en haut à droite est désormais un menu déroulant. Vous pouvez ainsi choisir ce que vous préférez lire (peut-être que vous pouvez ne sélectionner qu’une ou plusieurs catégories dans vos flux RSS mais je vous avoue que mes compétences en la matière sont limitées. Au pire, essayez et faites-moi un retour). Mes notes sont donc des brèves et je préfère en compiler plusieurs dans un même billet sinon je serais capable de poster vraiment tout le temps. Je ne suis pas sûre que ce soit ce que nous voulions vraiment.
48 heures de misandrie
Une à deux fois par an, mes amies fines gueules et moi-même nous retrouvons pour un weekend au bord de l’océan. Nous habitons déjà près de lui donc c’est facile pour nous, nous nous retrouvons dans une petite maison de famille. Les Fines Gueules était le nom de notre émission de radio que nous avons animée de 2015 à 2023 à l’antenne de la radio associative de notre coin. Nous avons commencé à deux puis nous avons été rejointes au fil des saisons pour former un noyau dur de cinq âmes féministes qui regardent dans la même direction. Ces weekends sont précieux parce qu’ils nous permettent de nous retrouver en non mixité. Nous avons parfaitement conscience du privilège que nous avons de pouvoir faire ça. Nos occupations ? Eh bien nous complotons (c’est dangereux d’écrire ça par les temps qui courent — c’est une blague, pas besoin de perquisitionner), discutons, mangeons, buvons, faisons des activités manuelles, prenons l’air en forêt et sur la plage, c’est une bouffée d’oxygène. Nous nous sommes retrouvées ce weekend, la date était prévue depuis des mois, et l’activité manuelle du moment a consisté en la fabrication de pancartes pour la manifestation du 17 octobre. Et puis nous sommes revenues nous terrer entre les dunes, au calme malgré la peur de l’avenir.
Sainte Nonne
J’ai bien aimé ce billet de Marie (La Lune Mauve) sur sainte Nonne et il tombe à point nommé dans un nouveau rabbit hole. La semaine dernière, j’ai fini de lire mon coup de cœur littéraire de l’année : Sainte Emmerderesse1 d’Audrey Alwett (éd. Héloïse d’Ormesson). Bien que ça ne date pas d’aujourd’hui, je me suis découvert un intérêt particulier (ce n’est pas encore une passion mais allez savoir) pour les saintes diverses et variées. La chrétienté nous a littéralement fourni un catalogue de saintes et de saints, patronnes et patrons de tout et n’importe quoi, souvent de plusieurs choses en même temps. J’ai un regard détaché et amusé sur cet annuaire parce que je suis profondément athée et ne suis jamais entrée officiellement2 chez les catholiques mais j’en apprécie le folklore. J’ai un attachement particulier à sainte Lucie depuis longtemps puisque je porte le même prénom. Elle est célébrée en grande pompe le 13 décembre, notamment dans certains pays nord-européens, pour annoncer le solstice d’hiver. Lucie de Syracuse était une vierge et martyre sicilienne chrétienne morte au début du IVe siècle pour avoir eu le culot de n’avoir voulu se donner à aucun homme. Dénoncée au consul Pascasius, il lui aurait été demandé d’abjurer sa foi, ce qu’elle aurait refusé. Elle aurait donc été punie à être violée mais Dieu himself l’aurait rendue immobile et intransportable. Vénère, Pascasius aurait fait déverser sur elle un tas de saloperies dégueulasses et bouillantes mais le feu ne l’aurait pas atteinte. Alors on lui aurait planté une épée dans la gorge, ce qui aurait fini par la tuer mais pas dans l’immédiat. Sainte patronne des aveugles et malvoyants, des ophtalmos, des opticiens mais aussi des électriciens, des écrivains et des commerçants (choisir c’est renoncer), sainte Lucie est souvent représentée avec une paire d’yeux posés sur une assiette parce qu’elle aurait été énucléée en plus du reste. Sachez que vous pouvez aussi l’invoquer quand vous avez mal à la gorge. Elle et moi avons quelques points communs (je lui laisse les pires sévices) et ça me rend fière.
Dans le roman d’Audrey Alwett, en plus de sainte Emmerderesse (qui est une sainte fictive), il est question de sainte Débarras dont j’ai découvert l’existence. Son nom officiel est sainte Wilgeforte et elle est barbue par la grâce de Dieu qui lui aurait fait pousser les poils pour lui éviter le mariage. Cet attribut lui aurait valu la peine d’être crucifiée, punition d’ordinaire réservée aux hommes. Je vous la fais courte, sainte Débarras est invoquée par les femmes qui souhaitent se débarrasser de leur époux et la communauté trans en a fait une icône culturelle (c’est si cool).
Voilà donc où j’en suis, je vais me constituer un abécédaire de mes saintes préférées, avérées ou fictives.
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1J’en parlerai plus longuement dans mon prochain billet culturel mais peut-être avez-vous déjà vu ma publication sur Instagram.
2J’ai une anecdote familiale à ce sujet, c’est de l’ordre du mythe, je vous la raconterai un jour.
Virginie B.
Grâce à Marie (La Lune Mauve, encore !) j’ai découvert Virginie B., tatoueuse et illustratrice à Nanterre. Elle a une boutique pleine à craquer de choses merveilleuses dans laquelle j’ai fait un carton. J’ai acheté un print, un pins et des stickers que voici, influencée par les meilleures meufs de mon enfance : Polly Pocket, Lydia Deetz, Mercredi Addams, Sailor Moon, Rainbow Bright et Nancy Downs. Ce n’est pas tous les jours que mon enfant intérieure se manifeste !
Un courrier mystique
Il y a un moment de ça, j’ai découvert Fievel, un artiste indépendant, via les stories sponsorisées d’Instagram (je découvre beaucoup de musique par ce biais). J’ai vraiment aimé quelques unes de ses chansons alors j’ai acheté son disque et l’ai poncé. En théorie, ce n’est pas la musique vers laquelle je me dirige spontanément mais il faut croire qu’il se passe parfois des choses curieuses. Depuis ce disque j’ai un peu lâché l’affaire, surtout que Fievel a fini par créer un système d’abonnement pour accéder à ses productions, à la manière d’un Patreon. Je ne blâme pas le procédé, il faut bien manger, mais ce n’était pas inclus dans mon budget personnel. L’eau a coulé sous les ponts et, aujourd’hui, j’ai reçu un courrier étrange dans ma boîte aux lettres. Dans une enveloppe noire se trouvait simplement ceci (ainsi qu’un sticker holographique, j’adore) :
C’est rigolo, je crois bien que j’ai reçu une newsletter matérielle ! Et j’ai trouvé ça super cool, aussi brève soit-elle.
Lilliput
Je termine par ces deux toutes petites choses, un tout petit coquillage et une toute petite moule trouvés sur la plage tandis que mes amies m’aidaient à chercher des morceaux de verre dépoli. Nous les avons rendus au sable après les avoir photographiés (et nous en avons aussi profité pour détruire tous les cairns de cailloux et galets, vous devez vraiment arrêter de faire ça, c’est nuisible).



C’est tellement fluide et agréable de te lire, tu as une de mes proses préférées d’internet je crois.
J’ai adoré le passage sur les Saintes, celui sur le week-end féministe, et celui sur la destruction des cairns (ma Némésis, en plus c’est moche).
Les minuscules coquillages par contre sont incroyablement mignons ! Ca m’a rappelé d’un coup que j’avais une collection de mini coquillages (un peu plus gros que ceux de tes photos quand même) qu’un oncle m’avait offert quand j’étais petite. J’ai une soudaine envie de les retrouver et de les ramener sur une plage (il faut que je vérifie que c’est une bonne idée).
Oh là là, merci, ça me touche beaucoup ce que tu me dis !